CHRIST ET LE CHRISTIANISME
I/ LE CHRIST
Jésus-Christ est le nom donné à Jésus de Nazareth par les chrétiens, pour souligner qu'ils considèrent cette personne comme LE Messie (ou Christ de χριστός, Christos en grec ancien), et « l'oint du Seigneur ». Dans les milieux chrétiens, il est parfois simplement désigné comme le Christ, ce qualificatif étant alors pris dans un sens absolu. L'annonce de la personne de Jésus-Christ constitue le message central du Christianisme, qui tire son nom du même terme Christos. Pour un chrétien, utiliser le terme de « Jésus-Christ » est à la fois un témoignage et une annonce élémentaire et substancielle de sa foi.
Il est considéré par les chrétiens comme le Messie et le fils de Dieu. Il tient des rôles divers dans plusieurs courants chrétiens aux croyances diverses. Les catholiques, les orthodoxes des Églises des sept conciles le célèbrent comme étant à la fois vrai homme et vrai Dieu, deuxième personne d'une Trinité. Les Églises protestantes européennes le confessent de même, tout en reconnaissant la liberté de conscience à leurs fidèles ; elles présentent donc des conceptions diverses mais, même quand la formulation semble identique à celle des christianismes catholique et orthodoxe[1], il faut tenir compte du fait que le sens donné aux expressions n'est pas forcément le même.
Le besoin d'annoncer Jésus-Christ vient en réponse à l'aspiration de l'Homme vers Dieu : « tu nous as faits pour toi, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. »[2] Pour le chrétien qui ressent qu'il a rencontré Jésus-Christ, le partage de cette expérience[3] est une nécessité.[4]. Il se fonde sur un passage néotestamentaire :
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » [5].
L'annonce de Jésus-Christ par les religions chrétiennes se fonde sur le témoignage des évangiles, et comporte trois aspects essentiels: la transmission de l'enseignement que Jésus de Nazareth a laissé à ses disciples pendant sa vie publique ; le salut apporté par le sacrifice de la crucifixion et sa commémoration à travers l'institution de l'Eucharistie ; et enfin le témoignage de sa Résurrection et ses implication en terme de théologie.
On peut distinguer plusieurs types de public dans l'enseignement de Jésus de Nazareth.
L'essentiel du message que Jésus « adresse à chacun, car il voit en chacun devant Dieu, une personne ayant une destinée et une valeur absolues »[6] est un enseignement moral, à caractère universel, et pour lequel on trouve des rapprochements dans de nombreuses autres religions. Il se trouve résumé dans le Sermon sur la montagne (Mt 5:3-11) et dans les deux commandements :
« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », fût-il un ennemi (Mt 22:36-40).
Prolongeant les nombreux passages de l'ancien testament, où Dieu est présenté avec des sentiments d'amour (maternel ou paternel), Jésus enseigne de s'adresser à lui comme « notre Père »[7], et d'aimer pour faire sa volonté et vivre à sa ressemblance. Pour Jésus, vivre en conscience selon cette morale est suffisant pour assurer son salut[8], sans difficulté[9].
Certaines parties de son enseignement s'adressent plus spécifiquement à des « chercheurs de Dieu », qui veulent aller plus loin: au chef qui lui répond « j'ai observé toutes ces choses depuis ma jeunesse, que me manque-t-il encore? », Jésus propose un idéal de dépouillement radical: « Vends tout ce que tu possèdes, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. » [10]. Jésus enseigne à ces disciples de se détacher des biens matériels, de renoncer à toute gloire personnelle, de ne pas s'attacher aux relations familiales, de ne pas se soucier même de leur propre vie (Mt 6:25-34).
Enfin, Jésus enseigne à ses disciples proches les premiers éléments de ce qui deviendra la christologie: il est la porte[11], le chemin vers le Père[12], le cep sur lequel ceux qui se greffent porteront du fruit [13]. En même temps, il prépare ses disciples au sacrifice du martyr[14] pour ceux qui voudront poursuivre son œuvre[15].
Pour comprendre le lien entre
Le mécanisme du sacrifice expiatoire apparaît dans le Lévitique 16, avec l'histoire devenue proverbiale du bouc émissaire. C'est le sens biblique dans lequel s'insère la passion: un sacrifice permet de "racheter" le péché des hommes, c'est à dire leur permet de se rapprocher de Dieu malgré les fautes qui tendent à les en éloigner. L'idée sous-jacente à cette démarche est qu'un acte symbolique et liturgique a une certaine efficacité, dans la mesure où il est en cohérence avec un sens et une intention. Le point symbolique important de ce sacrifice est d'une part qu'il faut une rupture (l'un des boucs est chassé au désert), et d'autre part que cette rupture est nécessairement douloureuse (et même mortelle pour l'autre bouc). Cependant, l'épitre aux Hébreux souligne justement que « il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés », car le fond du problème est la conversion intérieure[16]. L'idée que ce sacrifice puisse être porté par un juste condamné qui ne proteste pas, apparaît en pleine lumière dans Isaie 53 et sa description du serviteur souffrant: « Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. »
Dans ce contexte liturgique, le sens du sacrifice du Christ (ce à quoi ses souffrances ont été effectivement consacrées, sont rendues sacrées) est donné par le chapitre 17 de l'évangile de Jean. Jésus demande que sa gloire soit révélée (v5) à ses apôtres et aux hommes qui lui ont été donnés (v6), qu'ils soient préservés du mal (v15) et qu'ils soient sanctifiés (17) dans leur mission (18). Il demande ensuite que tous ceux qui croiront en sa parole (v20) soient unifiés (v21) afin que le monde entier soit éclairé (v23) et qu'il vive dans l'amour (v26).
Par cette consécration, pour un chrétien, le sacrifice du Christ devient quelque chose de doublement absolu: d'une part, parce que le Christ était absolument juste (il ne pouvait pas y avoir de victime plus pure), et d'autre part parce que l'objet de la consécration a été universel: l'offrande est donnée pour le monde entier, on ne peut pas aller plus loin. C'est donc quelque chose d'unique et d'indépassable dans la logique sacrificielle, il ne peut y avoir qu'un avant et un après ce point central de l'histoire du sacrifice. « Il abolit ainsi la première chose pour établir la seconde. C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes » (He 10:8-10).
Sur le plan liturgique, l'institution de l'Eucharistie par Jésus lui-même[17] donne donc une nouvelle forme aux sacrifices de l'ancien testament: la nécessité d'un sacrifice demeure, mais dans la logique chrétienne, cette nécessité renvoie à présent au sacrifice central qui a été celui de Jésus-Christ: il n'y a plus de nouveau sacrifice, mais une représentation (ou réactualisation) de l'unique sacrifice parfait, où Jésus était à la fois prêtre et victime.
Article
détaillé : Eucharistie.
Par ailleurs, l'Église catholique en enseigne la transsubstantiation depuis le Concile de Trente et croit en la présence réelle de Jésus dans les espèces du Saint-Sacrement[réf. nécessaire]. Cette doctrine conduit vers l'adoration eucharistique. Les autres Églises chrétiennes ont développé des théologies eucharistiques diverses. Les luthériens, en particulier, ont longuement enseigné la consubstantiation[réf. nécessaire]. Chez Ulrich Zwingli, la communauté revêt la présence réelle et incarne l'eucharistie[réf. nécessaire].
Au-delà de ce double impératif d'amour de Dieu et du prochain, bien explicité par la première épître de Jean (1 Jn 4:7-21), les premiers disciples ont attesté la Résurrection de Jésus (qui n'est pas le rétablissement des fonctions vitales du corps), sa montée au ciel, et y ont vu la réalisation de l'attente messianique des Écritures de l'Ancien Testament.
L'Évangile qu'ils proclamaient (mot qui signifie « bonne nouvelle ») est que Jésus est vivant, qu'il a triomphé du mal et de la mort, qu'il est venu apporter le salut aux hommes et qu'il est désormais avec eux pour toujours (cf. le rapprochement fait en Mt 1:23 avec le nom d'« Emmanuel » du texte d'Isaïe (Is 7:14)) :
La réflexion christologique des disciples après Pâques et la Pentecôte avait continué à se développer. Elle a abouti à comprendre et proclamer ce qui avait déjà été exprimé par l'apôtre Thomas disant à Jésus « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20:28), et qui l'est aussi dans plusieurs autres passages du Nouveau Testament, notamment de Paul : la divinité du Christ [18]:
« le Christ, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement » (Rm 9:5) ; « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col 2:9). L'Apocalypse reprend pour lui les titres divins de l'Ancien Testament (Ap 1:8 ; Ap 22:13).
C'est en particulier affirmé dans l'hymne qui constitue le prologue de l'Évangile selon Jean :
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était près de Dieu, et le Verbe était Dieu. » (Jn 1:1).
Par l'Incarnation, Jésus-Christ, à la fois fils de Dieu et fils de l'homme, est le médiateur entre Dieu, reconnu de manière formelle comme trinitaire après le premier concile de Nicée, et la création. Cette doctrine, répandue dans le christianisme occidental et oriental n'est pas reçue chez certains protestants, les unitariens.
La conclusion longue des oraisons par laquelle la liturgie catholique
romaine adresse ses prières à Dieu constitue un fil conducteur à travers
différents titres christologiques: « (nous prions) par Jésus, le
Christ, ton fils, notre Seigneur, qui vit et règne, avec toi et le Saint
Esprit, Dieu dans les siècles des siècles. »[19
Cette formulation désigne explicitement Jésus de Nazareth, le personnage historique sur lequel se fonde la révélation chrétienne.
La prière chrétienne s'adresse à Dieu en invoquant le nom de Jésus,
conformément à sa demande: « Tout ce que vous demanderez à mon Père en
mon, il vous l'accordera ».[20] Dès la
prédication apostolique le nom de Jésus est invoqué : c'est au nom de
Jésus que Pierre guérit le boiteux de
Cette formulation lui reconnaît le rôle de médiateur par excellence, « seul médiateur entre Dieu et les hommes ».[23] Par son rôle de prêtre, il est celui qui se tient devant Dieu pour présenter les offrandes et les demandes.[24
Christ, du grec Χριστος, est la traduction grecque (retenue dans la traduction de la septante) du terme hébreu de משיח, machiakh, « Messie » et signifie « celui qui a reçu l’onction ». On consacrait les pierres des autels avec une onction d'huile, qui pénètre même la pierre. Versée sur une personne consacrée, l'huile symbolise l'esprit divin, qui pénètre même les cœurs de pierre. Ce qualificatif est un terme générique, qui s'applique à tous ceux qui sont consacrés, comme c’était le cas pour les rois, les prophètes, et les grands prêtres d’Israël. Le terme de Christ n'est même pas limité au peuple d'Israël. Ainsi, dans l'Ancien Testament, Cyrus est désigné par le terme Messie pour avoir aidé à la reconstruction du temple.
Il désigne progressivement le sauveur attendu par les Juifs, qui est l'amplification d'une royauté idéale. Cette amplification se produit au VIe siècle av. J.-C. sous le règne du roi Josias ou peu après. Dans le nouveau Testament, il aura tendance à être utilisé comme un nom propre dans les Épîtres catholiques et pauliniennes.
Dans un sens figuré, désigner Jésus comme « Christ » signifie d'une part qu'il est considéré comme remplis de l'esprit de Dieu, et d'autre part, qu'il remplit le triple rôle de prêtre, de prophète et de roi. Pour les chrétiens, Jésus est « le Christ » par excellence, c'est à dire celui qui remplit cette mission de manière absolue et parfaite. « Jésus-Christ regroupe en lui ces trois fonctions, il est à la fois prêtre, prophète et roi. Ces trois fonctions, Il les a accompli d'une manière parfaite dans l'Esprit Saint. Il n'y a qu'un seul cas dans l'histoire où l'Esprit a été accueilli totalement d'une manière unique, sans déformation ni en altération: c'est en Jésus Christ » (Cardinal Walter Kasper).
On peut relever dans les évangiles deux passages où Jésus reçoit une onction. Au début de sa vie publique, il se trouve « rempli du Saint Esprit » à la suite de son baptême par Jean le Baptiste[25]. Il reçoit par ailleurs une onction d'huile parfumée à Béthanie, ce qui est interprété par Jésus comme une consécration de sa mort à venir[26].
À la suite du Christ, « tous les fidèles [...] ont été associés au Peuple de Dieu et rendus à leur manière participants de l'office sacerdotal, prophétique et royal du Christ, et qui exercent pour leur part la mission dévolue au peuple chrétien tout entier dans l'Eglise et dans le monde. » (Lumen Gentium 31). Ainsi, les chrétiens sont aussi consacrés par leur baptême comme prêtres, prophètes et rois: ils ont vocation à devenir « Christ » dans le Monde.
Fils de Dieu, parfois Fils seul, est d'abord à mettre en
relation avec la façon dont Jésus s’adresse à Dieu, c’est-à-dire en
l’appelant Abba, « Père » (il s’agit d’un mot araméen du
langage familier, que l'on pourrait traduire par "papa"). La
filiation divine concerne initialement tous les hommes (au temps de Jésus, le
philosophe Philon d'Alexandrie désigne par Fils de Dieu
tout juif accomplissant parfaitement les mitsvoth (sg : mitsvah,
règle de loi). Le Sermon sur
Dans
Cette désignation a été comprise dans le sens particulier de Fils unique (1
Jn 4:9) dans les récits
du Baptême
(Mt 3:17) et de la Transfiguration (Mt 17:5) et aussi par Paul
(Rm 1:3).
De même que pour le qualificatif de « Christ », dans la vision
chrétienne, l'appellation de « Fils de Dieu » désigne non seulement
Jésus (de manière absolue), mais également tous les hommes: « C’est
l’Esprit-Saint qui fait de vous des enfants de Dieu et qui nous permet de crier
à Dieu : Abba, Père ! » (Rm 8:16). Tous les chrétiens doivent s’efforcer
de ressembler au Christ, « jusqu’à ce que le Christ soit formé en
eux »[30],
actualisant en eux la paternité du Père qui avait été en premier lieu réalisée
par le Christ.
Seigneur, Κυριος,
Kurios, est employé pour désigner Dieu, comme dans la Septante où il
traduit le tétragramme יהוה, YHWH, (par ex. Mc 12:11, citation du Ps 118:22) ainsi que Jésus (Mc 11:3). Il a le sens de « maître »,
celui qui, dans l'Antiquité, disposait légalement d’un bien, que ce soit une
chose, un animal ou un homme. L’araméen מרא, mara, a la
même signification et se retrouve dans l’expression Marana tha,
« Seigneur, viens ! ». [31]
Le Seigneur est celui dont on reconnaît l'autorité, et dont on implore la
faveur ou le pardon. C'est cette désignation qui est à l'origine du Kyrie.
Pour un chrétien, cette désignation est un engagement très fort. La
désignation de Jésus comme « le Seigneur » signifie immédiatement
qu'il le reconnaît comme maître et se place en position de disciple: c'est
celui dont on suit les enseignement. Mais cette désignation s'inscrit également
dans le contexte biblique : quand
De plus, aux premiers temps du christianisme, le terme Kyrios désignait
l'empereur, qui se faisait respecter comme un dieu et qui était divinisé
après sa mort. Déclarer que « Jésus est le seul Seigneur », en
refusant cette divinisation du pouvoir, était compris comme un acte
d'insoumission politique, qui pouvait conduire à la condamnation et au martyr.
Pour le chrétien, le Christ reste aujourd'hui « le vivant » par
excellence, celui qui peut dire « Je fus mort et me voici vivant pour les
siècles des siècles » (Re 1:18). C'est au titre d'intercesseur que la
prière l'évoque en tant que personne vivante qui est « notre avocat auprès
du Père » (1Jn 2:1), « étant toujours vivant pour
intercéder en notre faveur » (He 7:25).
Dans le christianisme, l'annonce de Jésus-Christ est indissociable de celle
de la Résurrection et de l'Ascension. La nature de ces phénomènes que les
évangiles rapportent est un Mystère, qui n'est pas accessible à
l'observation, parce que ces évènements ont été uniques. Ils ont été compris
par leurs témoins, à la fois comme une manifestation de la vie
éternelle, et comme leur apportant la certitude que Jésus y avait accédé:
« Si Christ n'est pas
ressuscité, votre foi est vaine » (1Co 15:13-23)
De plus, tout en étant « le Vivant » par excellence, le Christ est
aussi considéré par les chrétiens comme le « premier-né d'entre les
morts » (Col 1:12-18): sa vie éternelle est
l'accomplissement de la nature humaine, le prémisse de celle que Dieu promet
aux hommes.
Le règne du Christ n'est pas manifeste, dans un temps où c'est plutôt
« le prince de ce monde » (Jn 14:30) qui domine, et donne la puissance et la
gloire des royaumes, « car elle m'a été donnée et je la donne à qui je
veux » (Lc 4:5-6)
Le règne du Christ porte sur ses fidèles, ceux qui le reconnaissent comme
« Seigneur »:
« le Christ, afin
d'accomplir la volonté du Père, a inauguré ici-bas le royaume des cieux, nous a
révélé le mystère du Père et, par son obéissance, a opéré la rédemption.
L'Église, qui est 1e royaume du Christ déjà présent sous une forme mystérieuse,
croît visiblement dans le monde grâce à la puissance de Dieu. Ce commencement et
cette croissance sont signifiés par le sang et l'eau qui sortent du côté de
Jésus crucifié (cf. Jn 19, 34) et annoncés par les paroles du Seigneur
concernant sa mort en croix: "Et Moi, quand je serai élevé de terre,
j'attirerai tout à Moi" (Jn 12, 32 gr.). Chaque fois que le sacrifice de
la croix, par lequel "le Christ, notre Pâque, a été immolé" (I Cor.
5, 7), est célébré sur l'autel, l'oeuvre de notre rédemption se réalise. »
(Lumen
Gentium, §3)
De manière secondaire, le Christ est considéré comme régnant sur la
création, son autorité se manifestant par ses miracles.
Le christianisme est une religion monothéiste, comptant plus de 2,2 milliards de croyants (appelés chrétiens), fondée sur la vie et les enseignements de Jésus de Nazareth tels qu'ils sont présentés dans le Nouveau Testament, et qui est apparue après sa crucifixion, au Ier siècle.
Le terme Christ vient du grec Χριστός, l'équivalent du terme hébraïque Messie (מָשִׁיחַ - mashia'h, littéralement « celui qui est oint »), et de lui découle l'appellation Jésus-Christ : les chrétiens croient, en effet, que Jésus est le fils de Dieu et le Messie que prophétisait l'Ancien Testament[1]. Les Actes des Apôtres (un des livres du Nouveau Testament) indiquent que le nom de chrétien (en grec Χριστιανός), signifiant appartenant au Christ ou partisan du Christ, fut donné aux disciples de Jésus à Antioche au milieu du Ier siècle[2]. La référence la plus ancienne connue pour le terme christianisme (du grec Χριστιανισμός) se trouve dans la lettre d'Ignace d'Antioche aux Magnésiens à la fin du Ier siècle[3].
Ayant profondément marqué et influencé différentes cultures et civilisations au cours de l'Histoire, le christianisme est de nos jours la religion la plus répandue dans le monde[4]. Elle est présente sur tous les continents, et plus particulièrement en Europe, en Amérique, en Afrique sub-saharienne et en Océanie où elle est prédominante[réf. nécessaire].
Le christianisme partage ses origines et nombre de ses textes avec le judaïsme, particulièrement la Bible Hébraïque, connue chez les chrétiens sous le nom d'Ancien Testament ou de Premier Testament[5]. Comme le judaïsme et l'islam, le christianisme est généralement classé parmi les religions abrahamiques[6],[7].
En raison de la grande diversité que l'on peut observer dans les croyances et pratiques chrétiennes au fil des siècles et autour du monde, il est difficile de donner une vision synthétique de la foi chrétienne et de sa doctrine. Cependant certains éléments d'homogénéité existent.
Jésus-Christ en tant que figure centrale des croyances chrétiennes est un de ces éléments d'homogénéité. En effet, sans oublier que des divergences très grandes peuvent exister dans leurs interprétations de ses enseignements et de ceux à tirer de son existence, les chrétiens ont tous pour point commun de prendre la vie de Jésus et sa mort en exemple. Le fondement de la religion chrétienne est la foi en la résurrection de Jésus-Christ, et ce même si tous les chrétiens ne s'accordent pas sur une même signification du terme résurrection[8].
Ainsi que le proclame l'un des textes les plus anciens du Nouveau Testament, le kerygme de la lettre de saint Paul aux Corinthiens : Si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi[9]. Les chrétiens ont peu à peu précisé cette foi en en réunissant les principaux éléments dans le "Symbole des Apôtres" et dans le Credo de Nicée-Constantinople qui ne vaut que pour les chrétiens chalcédoniens, c'est-à-dire trinitaires (la seule prière qui fait l'unanimité de tous les chrétiens est le Notre Père).
Ces prières, appelées plus couramment le "Je crois en Dieu" sont divisées en quatre parties :

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