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La troisième année du règne de Jojakim, roi de Juda, Nebucadnetsar, roi de Babylone, marcha contre Jérusalem, et l'assiégea.
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Le Seigneur livra entre ses mains Jojakim, roi de
Juda, et une partie des ustensiles de la maison de Dieu. Nebucadnetsar
emporta les ustensiles au pays de Schinear, dans la maison de son dieu,
il les mit dans la maison du trésor de son dieu.
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Le roi donna l'ordre à Aschpenaz, chef de ses
eunuques, d'amener quelques-uns des enfants d'Israël de race royale ou
de famille noble,
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de jeunes garçons sans défaut corporel, beaux de
figure, doués de sagesse, d'intelligence et d'instruction, capables de
servir dans le palais du roi, et à qui l'on enseignerait les lettres et
la langue des Chaldéens.
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Le roi leur assigna pour chaque jour une portion des
mets de sa table et du vin dont il buvait, voulant les élever pendant
trois années, au bout desquelles ils seraient au service du roi.
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Il y avait parmi eux, d'entre les enfants de Juda, Daniel, Hanania, Mischaël et Azaria.
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Le chef des eunuques leur donna des noms, à Daniel
celui de Beltschatsar, à Hanania celui de Schadrac, à Mischaël celui de
Méschac, et à Azaria celui d'Abed Nego.
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Daniel résolut de ne pas se souiller par les mets du
roi et par le vin dont le roi buvait, et il pria le chef des eunuques
de ne pas l'obliger à se souiller.
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Dieu fit trouver à Daniel faveur et grâce devant le chef des eunuques.
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Le chef des eunuques dit à Daniel : Je crains mon
seigneur le roi, qui a fixé ce que vous devez manger et boire ; car
pourquoi verrait-il votre visage plus abattu que celui des jeunes gens
de votre âge ? Vous exposeriez ma tête auprès du roi.
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Alors Daniel dit à l'intendant à qui le chef des
eunuques avait remis la surveillance de Daniel, de Hanania, de Mischaël
et d'Azaria :
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Éprouve tes serviteurs pendant dix jours, et qu'on nous donne des légumes à manger et de l'eau à boire ;
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tu regarderas ensuite notre visage et celui des
jeunes gens qui mangent les mets du roi, et tu agiras avec tes
serviteurs d'après ce que tu auras vu.
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Il leur accorda ce qu'ils demandaient, et les éprouva pendant dix jours.
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Au bout de dix jours, ils avaient meilleur visage et plus d'embonpoint que tous les jeunes gens qui mangeaient les mets du roi.
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L'intendant emportait les mets et le vin qui leur étaient destinés, et il leur donnait des légumes.
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Dieu accorda à ces quatre jeunes gens de la science,
de l'intelligence dans toutes les lettres, et de la sagesse ; et Daniel
expliquait toutes les visions et tous les songes.
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Au terme fixé par le roi pour qu'on les lui amenât, le chef des eunuques les présenta à Nebucadnetsar.
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Le roi s'entretint avec eux ; et, parmi tous ces
jeunes gens, il ne s'en trouva aucun comme Daniel, Hanania, Mischaël et
Azaria. Ils furent donc admis au service du roi.
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Sur tous les objets qui réclamaient de la sagesse et
de l'intelligence, et sur lesquels le roi les interrogeait, il les
trouvait dix fois supérieurs à tous les magiciens et astrologues qui
étaient dans tout son royaume.
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Ainsi fut Daniel jusqu'à la première année du roi Cyrus.
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La seconde année du règne de Nebucadnetsar, Nebucadnetsar eut des songes. Il avait l'esprit agité, et ne pouvait dormir.
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Le roi fit appeler les magiciens, les astrologues,
les enchanteurs et les Chaldéens, pour qu'ils lui disent ses songes.
Ils vinrent, et se présentèrent devant le roi.
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Le roi leur dit : J'ai eu un songe ; mon esprit est agité, et je voudrais connaître ce songe.
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Les Chaldéens répondirent au roi en langue araméenne
: O roi, vis éternellement ! dis le songe à tes serviteurs, et nous en
donnerons l'explication.
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Le roi reprit la parole et dit aux Chaldéens : La
chose m'a échappé ; si vous ne me faites connaître le songe et son
explication, vous serez mis en pièces, et vos maisons seront réduites
en un tas d'immondices.
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Mais si vous me dites le songe et son explication,
vous recevrez de moi des dons et des présents, et de grands honneurs.
C'est pourquoi dites-moi le songe et son explication.
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Ils répondirent pour la seconde fois : Que le roi dise le songe à ses serviteurs, et nous en donnerons l'explication.
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Le roi reprit la parole et dit : Je m'aperçois, en
vérité, que vous voulez gagner du temps, parce que vous voyez que la
chose m'a échappé.
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Si donc vous ne me faites pas connaître le songe, la
même sentence vous enveloppera tous ; vous voulez vous préparez à me
dire des mensonges et des faussetés, en attendant que les temps soient
changés. C'est pourquoi dites-moi le songe, et je saurai si vous êtes
capables de m'en donner l'explication.
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Les Chaldéens répondirent au roi : Il n'est personne
sur la terre qui puisse dire ce que demande le roi ; aussi jamais roi,
quelque grand et puissant qu'il ait été, n'a exigé une pareille chose
d'aucun magicien, astrologue ou Chaldéen.
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Ce que le roi demande est difficile ; il n'y a
personne qui puisse le dire au roi, excepté les dieux, dont la demeure
n'est pas parmi les hommes.
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Là-dessus le roi se mit en colère, et s'irrita violemment. Il ordonna qu'on fasse périr tous les sages de Babylone.
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La sentence fut publiée, les sages étaient mis à mort, et l'on cherchait Daniel et ses compagnons pour les faire périr.
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Alors Daniel s'adressa d'une manière prudente et
sensée à Arjoc, chef des gardes du roi, qui était sorti pour mettre à
mort les sages de Babylone.
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Il prit la parole et dit à Arjoc, commandant du roi
: Pourquoi la sentence du roi est-elle si sévère ? Arjoc exposa la
chose à Daniel.
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Et Daniel se rendit vers le roi, et le pria de lui accorder du temps pour donner au roi l'explication.
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Ensuite Daniel alla dans sa maison, et il instruisit de cette affaire Hanania, Mischaël et Azaria, ses compagnons,
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les engageant à implorer la miséricorde du Dieu des
cieux, afin qu'on ne fît pas périr Daniel et ses compagnons avec le
reste des sages de Babylone.
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Alors le secret fut révélé à Daniel dans une vision pendant la nuit. Et Daniel bénit le Dieu des cieux.
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Daniel prit la parole et dit : Béni soit le nom de Dieu, d'éternité en éternité ! A lui appartiennent la sagesse et la force.
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C'est lui qui change les temps et les circonstances,
qui renverse et qui établit les rois, qui donne la sagesse aux sages et
la science à ceux qui ont de l'intelligence.
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Il révèle ce qui est profond et caché, il connaît ce qui est dans les ténèbres, et la lumière demeure avec lui.
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Dieu de mes pères, je te glorifie et je te loue de
ce que tu m'as donné la sagesse et la force, et de ce que tu m'as fait
connaître ce que nous t'avons demandé, de ce que tu nous as révélé le
secret du roi.
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Après cela, Daniel se rendit auprès d'Arjoc, à qui
le roi avait ordonné de faire périr les sages de Babylone ; il alla, et
lui parla ainsi : Ne fais pas périr les sages de Babylone ! Conduis-moi
devant le roi, et je donnerai au roi l'explication.
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Arjoc conduisit promptement Daniel devant le roi, et
lui parla ainsi : J'ai trouvé parmi les captifs de Juda un homme qui
donnera l'explication au roi.
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Le roi prit la parole et dit à Daniel, qu'on nommait
Beltschatsar : Es-tu capable de me faire connaître le songe que j'ai eu
et son explication ?
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Daniel répondit en présence du roi et dit : Ce que
le roi demande est un secret que les sages, les astrologues, les
magiciens et les devins, ne sont pas capables de découvrir au roi.
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Mais il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les
secrets, et qui a fait connaître au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera
dans la suite des temps. Voici ton songe et les visions que tu as eues
sur ta couche.
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Sur ta couche, ô roi, il t'est monté des pensées
touchant ce qui sera après ce temps-ci ; et celui qui révèle les
secrets t'a fait connaître ce qui arrivera.
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Si ce secret m'a été révélé, ce n'est point qu'il y
ait en moi une sagesse supérieure à celle de tous les vivants ; mais
c'est afin que l'explication soit donnée au roi, et que tu connaisses
les pensées de ton coeur.
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O roi, tu regardais, et tu voyais une grande statue
; cette statue était immense, et d'une splendeur extraordinaire ; elle
était debout devant toi, et son aspect était terrible.
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La tête de cette statue était d'or pur ; sa poitrine et ses bras étaient d'argent ; son ventre et ses cuisses étaient d'airain ;
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ses jambes, de fer ; ses pieds, en partie de fer et en partie d'argile.
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Tu regardais, lorsqu'une pierre se détacha sans le
secours d'aucune main, frappa les pieds de fer et d'argile de la
statue, et les mit en pièces.
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Alors le fer, l'argile, l'airain, l'argent et l'or,
furent brisés ensemble, et devinrent comme la balle qui s'échappe d'une
aire en été ; le vent les emporta, et nulle trace n'en fut retrouvée.
Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne,
et remplit toute la terre.
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Voilà le songe. Nous en donnerons l'explication devant le roi.
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O roi, tu es le roi des rois, car le Dieu des cieux t'a donné l'empire, la puissance, la force et la gloire ;
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il a remis entre tes mains, en quelque lieu qu'ils
habitent, les enfants des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux
du ciel, et il t'a fait dominer sur eux tous : c'est toi qui es la tête
d'or.
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Après toi, il s'élèvera un autre royaume, moindre
que le tien ; puis un troisième royaume, qui sera d'airain, et qui
dominera sur toute la terre.
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Il y aura un quatrième royaume, fort comme du fer ;
de même que le fer brise et rompt tout, il brisera et rompra tout,
comme le fer qui met tout en pièces.
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Et comme tu as vu les pieds et les orteils en partie
d'argile de potier et en partie de fer, ce royaume sera divisé ; mais
il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu
le fer mêlé avec l'argile.
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Et comme les doigts des pieds étaient en partie de
fer et en partie d'argile, ce royaume sera en partie fort et en partie
fragile.
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Tu as vu le fer mêlé avec l'argile, parce qu'ils se
mêleront par des alliances humaines ; mais ils ne seront point unis
l'un à l'autre, de même que le fer ne s'allie point avec l'argile.
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Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux
suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera
point sous la domination d'un autre peuple ; il brisera et anéantira
tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement.
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C'est ce qu'indique la pierre que tu as vue se
détacher de la montagne sans le secours d'aucune main, et qui a brisé
le fer, l'airain, l'argile, l'argent et l'or. Le grand Dieu a fait
connaître au roi ce qui doit arriver après cela. Le songe est
véritable, et son explication est certaine.
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Alors le roi Nebucadnetsar tomba sur sa face et se
prosterna devant Daniel, et il ordonna qu'on lui offrît des sacrifices
et des parfums.
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Le roi adressa la parole à Daniel et dit : En
vérité, votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des rois, et il
révèle les secrets, puisque tu as pu découvrir ce secret.
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Ensuite le roi éleva Daniel, et lui fit de nombreux
et riches présents ; il lui donna le commandement de toute la province
de Babylone, et l'établit chef suprême de tous les sages de Babylone.
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Daniel pria le roi de remettre l'intendance de la
province de Babylone à Schadrac, Méschac et Abed Nego. Et Daniel était
à la cour du roi.
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Le roi Nebucadnetsar fit une statue d'or, haute de
soixante coudées et large de six coudées. Il la dressa dans la vallée
de Dura, dans la province de Babylone.
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Le roi Nebucadnetsar fit convoquer les satrapes, les
intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trésoriers, les
jurisconsultes, les juges, et tous les magistrats des provinces, pour
qu'ils se rendissent à la dédicace de la statue qu'avait élevée le roi
Nebucadnetsar.
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Alors les satrapes, les intendants et les
gouverneurs, les grands juges, les trésoriers, les jurisconsultes, les
juges, et tous les magistrats des provinces, s'assemblèrent pour la
dédicace de la statue qu'avait élevée le roi Nebucadnetsar. Ils se
placèrent devant la statue qu'avait élevée Nebucadnetsar.
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|
Un héraut cria à haute voix : Voici ce qu'on vous ordonne, peuples, nations, hommes de toutes langues !
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|
Au moment où vous entendrez le son de la trompette,
du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la
cornemuse, et de toutes sortes d'instruments de musique, vous vous
prosternerez et vous adorerez la statue d'or qu'a élevée le roi
Nebucadnetsar.
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|
Quiconque ne se prosternera pas et n'adorera pas sera jeté à l'instant même au milieu d'une fournaise ardente.
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|
C'est pourquoi, au moment où tous les peuples
entendirent le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la
sambuque, du psaltérion, et de toutes sortes d'instruments de musique,
tous les peuples, les nations, les hommes de toutes langues se
prosternèrent et adorèrent la statue d'or qu'avait élevée le roi
Nebucadnetsar.
|
|
A cette occasion, et dans le même temps, quelques Chaldéens s'approchèrent et accusèrent les Juifs.
|
|
Ils prirent la parole et dirent au roi Nebucadnetsar : O roi, vis éternellement !
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|
Tu as donné un ordre d'après lequel tous ceux qui
entendraient le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la
sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes
d'instruments, devraient se prosterner et adorer la statue d'or,
|
|
et d'après lequel quiconque ne se prosternerait pas et n'adorerait pas serait jeté au milieu d'une fournaise ardente.
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|
Or, il y a des Juifs à qui tu as remis l'intendance
de la province de Babylone, Schadrac, Méschac et Abed Nego, hommes qui
ne tiennent aucun compte de toi, ô roi ; ils ne servent pas tes dieux,
et ils n'adorent point la statue d'or que tu as élevée.
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|
Alors Nebucadnetsar, irrité et furieux, donna
l'ordre qu'on amenât Schadrac, Méschac et Abed Nego. Et ces hommes
furent amenés devant le roi.
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|
Nebucadnetsar prit la parole et leur dit : Est-ce de
propos délibéré, Schadrac, Méschac et Abed Nego, que vous ne servez pas
mes dieux, et que vous n'adorez pas la statue d'or que j'ai élevée ?
|
|
Maintenant tenez-vous prêts, et au moment où vous
entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la
sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes
d'instruments, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue que
j'ai faite ; si vous ne l'adorez pas, vous serez jetés à l'instant même
au milieu d'une fournaise ardente. Et quel est le dieu qui vous
délivrera de ma main ?
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Schadrac, Méschac et Abed Nego répliquèrent au roi Nebucadnetsar : Nous n'avons pas besoin de te répondre là-dessus.
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|
Voici, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi.
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|
Simon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n'adorerons pas la statue d'or que tu as élevée.
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Sur quoi Nebucadnetsar fut rempli de fureur, et il
changea de visage en tournant ses regards contre Schadrac, Méschac et
Abed Nego. Il reprit la parole et ordonna de chauffer la fournaise sept
fois plus qu'il ne convenait de la chauffer.
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|
Puis il commanda à quelques-uns des plus vigoureux
soldats de son armée de lier Schadrac, Méschac et Abed Nego, et de les
jeter dans la fournaise ardente.
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Ces hommes furent liés avec leurs caleçons, leurs
tuniques, leurs manteaux et leurs autres vêtements, et jetés au milieu
de la fournaise ardente.
|
|
Comme l'ordre du roi était sévère, et que la
fournaise était extraordinairement chauffée, la flamme tua les hommes
qui y avaient jeté Schadrac, Méschac et Abed Nego.
|
|
Et ces trois hommes, Schadrac, Méschac et Abed Nego, tombèrent liés au milieu de la fournaise ardente.
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|
Alors le roi Nebucadnetsar fut effrayé, et se leva
précipitamment. Il prit la parole, et dit à ses conseillers :
N'avons-nous pas jeté au milieu du feu trois hommes liés ? Ils
répondirent au roi : Certainement, ô roi !
|
|
Il reprit et dit : Eh bien, je vois quatre hommes
sans liens, qui marchent au milieu du feu, et qui n'ont point de mal ;
et la figure du quatrième ressemble à celle d'un fils des dieux.
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|
Ensuite Nebucadnetsar s'approcha de l'entrée de la
fournaise ardente, et prenant la parole, il dit : Schadrac, Méschac et
Abed Nego, serviteurs du Dieu suprême, sortez et venez ! Et Schadrac,
Méschac et Abed Nego sortirent du milieu du feu.
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|
Les satrapes, les intendants, les gouverneurs, et
les conseillers du roi s'assemblèrent ; ils virent que le feu n'avait
eu aucun pouvoir sur le corps de ces hommes, que les cheveux de leur
tête n'avaient pas été brûlés, que leurs caleçons n'étaient point
endommagés, et que l'odeur du feu ne les avait pas atteints.
|
|
Nebucadnetsar prit la parole et dit : Béni soit le
Dieu de Schadrac, de Méschac et d'Abed Nego, lequel a envoyé son ange
et délivré ses serviteurs qui ont eu confiance en lui, et qui ont violé
l'ordre du roi et livré leur corps plutôt que de servir et d'adorer
aucun autre dieu que leur Dieu !
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|
Voici maintenant l'ordre que je donne : tout homme,
à quelque peuple, nation ou langue qu'il appartienne, qui parlera mal
du Dieu de Schadrac, de Méschac et d'Abed Nego, sera mis en pièces, et
sa maison sera réduite en un tas d'immondices, parce qu'il n'y a aucun
autre dieu qui puisse délivrer comme lui.
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|
Après cela, le roi fit prospérer Schadrac, Méschac et Abed Nego, dans la province de Babylone.
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Nebucadnetsar, roi, à tous les peuples, aux nations,
aux hommes de toutes langues, qui habitent sur toute la terre. Que la
paix vous soit donnée avec abondance !
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Il m'a semblé bon de faire connaître les signes et les prodiges que le Dieu suprême a opérés à mon égard.
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|
Que ses signes sont grands ! que ses prodiges sont
puissants ! Son règne est un règne éternel, et sa domination subsiste
de génération en génération.
|
|
Moi, Nebucadnetsar, je vivais tranquille dans ma maison, et heureux dans mon palais.
|
|
J'ai eu un songe qui m'a effrayé ; les pensées dont
j'étais poursuivi sur ma couche et les visions de mon esprit me
remplissaient d'épouvante.
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|
J'ordonnai qu'on fît venir devant moi tous les sages de Babylone, afin qu'ils me donnassent l'explication du songe.
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|
Alors vinrent les magiciens, les astrologues, les
Chaldéens et les devins. Je leur dis le songe, et ils ne m'en donnèrent
point l'explication.
|
|
En dernier lieu, se présenta devant moi Daniel,
nommé Beltschatsar d'après le nom de mon dieu, et qui a en lui l'esprit
des dieux saints. Je lui dis le songe :
|
|
Beltschatsar, chef des magiciens, qui as en toi, je
le sais, l'esprit des dieux saints, et pour qui aucun secret n'est
difficile, donne-moi l'explication des visions que j'ai eues en songe.
|
|
Voici les visions de mon esprit, pendant que j'étais
sur ma couche. Je regardais, et voici, il y avait au milieu de la terre
un arbre d'une grande hauteur.
|
|
Cet arbre était devenu grand et fort, sa cime s'élevait jusqu'aux cieux, et on le voyait des extrémités de toute la terre.
|
|
Son feuillage était beau, et ses fruits abondants ;
il portait de la nourriture pour tous ; les bêtes des champs
s'abritaient sous son ombre, les oiseaux du ciel faisaient leur demeure
parmi ses branches, et tout être vivant tirait de lui sa nourriture.
|
|
Dans les visions de mon esprit, que j'avais sur ma
couche, je regardais, et voici, un de ceux qui veillent et qui sont
saints descendit des cieux.
|
|
Il cria avec force et parla ainsi : Abattez l'arbre,
et coupez ses branches ; secouez le feuillage, et dispersez les fruits
; que les bêtes fuient de dessous, et les oiseaux du milieu de ses
branches !
|
|
Mais laissez en terre le tronc où se trouvent les
racines, et liez-le avec des chaînes de fer et d'airain, parmi l'herbe
des champs. Qu'il soit trempé de la rosée du ciel, et qu'il ait, comme
les bêtes, l'herbe de la terre pour partage.
|
|
Son coeur d'homme lui sera ôté, et un coeur de bête lui sera donné ; et sept temps passeront sur lui.
|
|
Cette sentence est un décret de ceux qui veillent,
cette résolution est un ordre des saints, afin que les vivants sachent
que le Très Haut domine sur le règne des hommes, qu'il le donne à qui
il lui plaît, et qu'il y élève le plus vil des hommes.
|
|
Voilà le songe que j'ai eu, moi, le roi
Nebucadnetsar. Toi, Beltschatsar, donnes-en l'explication, puisque tous
les sages de mon royaume ne peuvent me la donner ; toi, tu le peux, car
tu as en toi l'esprit des dieux saints.
|
|
Alors Daniel, nommé Beltschatsar, fut un moment
stupéfait, et ses pensées le troublaient. Le roi reprit et dit :
Beltschatsar, que le songe et l'explication ne te troublent pas ! Et
Beltschatsar répondit : Mon seigneur, que le songe soit pour tes
ennemis, et son explication pour tes adversaires !
|
|
L'arbre que tu as vu, qui était devenu grand et
fort, dont la cime s'élevait jusqu'aux cieux, et qu'on voyait de tous
les points de la terre ;
|
|
cet arbre, dont le feuillage était beau et les
fruits abondants, qui portait de la nourriture pour tous, sous lequel
s'abritaient les bêtes des champs, et parmi les branches duquel les
oiseaux du ciel faisaient leur demeure,
|
|
c'est toi, ô roi, qui es devenu grand et fort, dont
la grandeur s'est accrue et s'est élevée jusqu'aux cieux, et dont la
domination s'étend jusqu'aux extrémités de la terre.
|
|
Le roi a vu l'un de ceux qui veillent et qui sont
saints descendre des cieux et dire : Abattez l'arbre, et détruisez-le ;
mais laissez en terre le tronc où se trouvent les racines, et liez-le
avec des chaînes de fer et d'airain, parmi l'herbe des champs ; qu'il
soit trempé de la rosée du ciel, et que son partage soit avec les bêtes
des champs, jusqu'à ce que sept temps soient passés sur lui.
|
|
Voici l'explication, ô roi, voici le décret du Très Haut, qui s'accomplira sur mon seigneur le roi.
|
|
On te chassera du milieu des hommes, tu auras ta
demeure avec les bêtes des champs, et l'on te donnera comme aux boeufs
de l'herbe à manger ; tu seras trempé de la rosée du ciel, et sept
temps passeront sur toi, jusqu'à ce que tu saches que le Très Haut
domine sur le règne des hommes et qu'il le donne à qui il lui plaît.
|
|
L'ordre de laisser le tronc où se trouvent les
racines de l'arbre signifie que ton royaume te restera quand tu
reconnaîtras que celui qui domine est dans les cieux.
|
|
C'est pourquoi, ô roi, puisse mon conseil te plaire
! mets un terme à tes péchés en pratiquant la justice, et à tes
iniquités en usant de compassion envers les malheureux, et ton bonheur
pourra se prolonger.
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|
Toutes ces choses se sont accomplies sur le roi Nebucadnetsar.
|
|
Au bout de douze mois, comme il se promenait dans le palais royal à Babylone,
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|
le roi prit la parole et dit : N'est-ce pas ici
Babylone la grande, que j'ai bâtie, comme résidence royale, par la
puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence ?
|
|
La parole était encore dans la bouche du roi, qu'une
voix descendit du ciel : Apprends, roi Nebucadnetsar, qu'on va
t'enlever le royaume.
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|
On te chassera du milieu des hommes, tu auras ta
demeure avec les bêtes des champs, on te donnera comme aux boeufs de
l'herbe à manger ; et sept temps passeront sur toi, jusqu'à ce que tu
saches que le Très Haut domine sur le règne des hommes et qu'il le
donne à qui il lui plaît.
|
|
Au même instant la parole s'accomplit sur
Nebucadnetsar. Il fut chassé du milieu des hommes, il mangea de l'herbe
comme les boeufs, son corps fut trempé de la rosée du ciel ; jusqu'à ce
que ses cheveux crussent comme les plumes des aigles, et ses ongles
comme ceux des oiseaux.
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|
Après le temps marqué, moi, Nebucadnetsar, je levai
les yeux vers le ciel, et la raison me revint. J'ai béni le Très Haut,
j'ai loué et glorifié celui qui vit éternellement, celui dont la
domination est une domination éternelle, et dont le règne subsiste de
génération en génération.
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|
Tous les habitants de la terre ne sont à ses yeux
que néant : il agit comme il lui plaît avec l'armée des cieux et avec
les habitants de la terre, et il n'y a personne qui résiste à sa main
et qui lui dise : Que fais-tu ?
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|
En ce temps, la raison me revint ; la gloire de mon
royaume, ma magnificence et ma splendeur me furent rendues ; mes
conseillers et mes grands me redemandèrent ; je fus rétabli dans mon
royaume, et ma puissance ne fit que s'accroître.
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|
Maintenant, moi, Nebucadnetsar, je loue, j'exalte et
je glorifie le roi des cieux, dont toutes les oeuvres sont vraies et
les voies justes, et qui peut abaisser ceux qui marchent avec orgueil.
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Le roi Belschatsar donna un grand festin à ses grands au nombre de mille, et il but du vin en leur présence.
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Belschatsar, quand il eut goûté au vin, fit apporter
les vases d'or et d'argent que son père Nebucadnetsar avait enlevés du
temple de Jérusalem, afin que le roi et ses grands, ses femmes et ses
concubines, s'en servissent pour boire.
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Alors on apporta les vases d'or qui avaient été
enlevés du temple, de la maison de Dieu à Jérusalem ; et le roi et ses
grands, ses femmes et ses concubines, s'en servirent pour boire.
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Ils burent du vin, et ils louèrent les dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre.
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En ce moment, apparurent les doigts d'une main
d'homme, et ils écrivirent, en face du chandelier, sur la chaux de la
muraille du palais royal. Le roi vit cette extrémité de main qui
écrivait.
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Alors le roi changea de couleur, et ses pensées le
troublèrent ; les jointures de ses reins se relâchèrent, et ses genoux
se heurtèrent l'un contre l'autre.
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Le roi cria avec force qu'on fît venir les
astrologues, les Chaldéens et les devins ; et le roi prit la parole et
dit aux sages de Babylone : Quiconque lira cette écriture et m'en
donnera l'explication sera revêtu de pourpre, portera un collier d'or à
son cou, et aura la troisième place dans le gouvernement du royaume.
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Tous les sages du roi entrèrent ; mais ils ne purent pas lire l'écriture et en donner au roi l'explication.
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Sur quoi le roi Belschatsar, fut très effrayé, il changea de couleur, et ses grands furent consternés.
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La reine, à cause des paroles du roi et de ses
grands, entra dans la salle du festin, et prit ainsi la parole : O roi,
vis éternellement ! Que tes pensées ne te troublent pas, et que ton
visage ne change pas de couleur !
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Il y a dans ton royaume un homme qui a en lui
l'esprit des dieux saints ; et du temps de ton père, on trouva chez lui
des lumières, de l'intelligence, et une sagesse semblable à la sagesse
des dieux. Aussi le roi Nebucadnetsar, ton père, le roi, ton père,
l'établit chef des magiciens, des astrologues, des Chaldéens, des
devins,
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parce qu'on trouva chez lui, chez Daniel, nommé par
le roi Beltschatsar, un esprit supérieur, de la science et de
l'intelligence, la faculté d'interpréter les songes, d'expliquer les
énigmes, et de résoudre les questions difficiles. Que Daniel soit donc
appelé, et il donnera l'explication.
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Alors Daniel fut introduit devant le roi. Le roi
prit la parole et dit à Daniel : Es-tu ce Daniel, l'un des captifs de
Juda, que le roi, mon père, a amenés de Juda ?
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J'ai appris sur ton compte que tu as en toi l'esprit
des dieux, et qu'on trouve chez toi des lumières, de l'intelligence, et
une sagesse extraordinaire.
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On vient d'amener devant moi les sages et les
astrologues, afin qu'ils lussent cette écriture et m'en donnassent
l'explication ; mais ils n'ont pas pu donner l'explication des mots.
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J'ai appris que tu peux donner des explications et
résoudre des questions difficiles ; maintenant, si tu peux lire cette
écriture et m'en donner l'explication, tu seras revêtu de pourpre, tu
porteras un collier d'or à ton cou, et tu auras la troisième place dans
le gouvernement du royaume.
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Daniel répondit en présence du roi : Garde tes dons,
et accorde à un autre tes présents ; je lirai néanmoins l'écriture au
roi, et je lui en donnerai l'explication.
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O roi, le Dieu suprême avait donné à Nebucadnetsar, ton père, l'empire, la grandeur, la gloire et la magnificence ;
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et à cause de la grandeur qu'il lui avait donnée,
tous les peuples, les nations, les hommes de toutes langues étaient
dans la crainte et tremblaient devant lui. Le roi faisait mourir ceux
qu'il voulait, et il laissait la vie à ceux qu'il voulait ; il élevait
ceux qu'il voulait, et il abaissait ceux qu'il voulait.
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Mais lorsque son coeur s'éleva et que son esprit
s'endurcit jusqu'à l'arrogance, il fut précipité de son trône royal et
dépouillé de sa gloire ;
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il fut chassé du milieu des enfants des hommes, son
coeur devint semblable à celui des bêtes, et sa demeure fut avec les
ânes sauvages ; on lui donna comme aux boeufs de l'herbe à manger, et
son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu'à ce qu'il reconnût que
le Dieu suprême domine sur le règne des hommes et qu'il le donne à qui
il lui plaît.
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Et toi, Belschatsar, son fils, tu n'as pas humilié ton coeur, quoique tu susses toutes ces choses.
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Tu t'es élevé contre le Seigneur des cieux ; les
vases de sa maison ont été apportés devant toi, et vous vous en êtes
servis pour boire du vin, toi et tes grands, tes femmes et tes
concubines ; tu as loué les dieux d'argent, d'or, d'airain, de fer, de
bois et de pierre, qui ne voient point, qui n'entendent point, et qui
ne savent rien, et tu n'as pas glorifié le Dieu qui a dans sa main ton
souffle et toutes tes voies.
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C'est pourquoi il a envoyé cette extrémité de main qui a tracé cette écriture.
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Voici l'écriture qui a été tracée : Compté, compté, pesé, et divisé.
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Et voici l'explication de ces mots. Compté : Dieu a compté ton règne, et y a mis fin.
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Pesé : Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger.
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Divisé : Ton royaume sera divisé, et donne aux Mèdes et aux Perses.
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Aussitôt Belschatsar donna des ordres, et l'on
revêtit Daniel de pourpre, on lui mit au cou un collier d'or, et on
publia qu'il aurait la troisième place dans le gouvernement du royaume.
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Cette même nuit, Belschatsar, roi des Chaldéens, fut tué.
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Et Darius, le Mède, s'empara du royaume, étant âgé de soixante-deux ans.
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